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À travers la forêt vicolaise...

mardi 13 février 2007, par Pierre

Cette rando, à faire en famille, vous conduira à travers la forêt qui moutonne au dessus de Vico, un joli village de l’ancienne pieve des Deux Sorru (Dui Sorru). Le « parcours naturel » balisé par l’Office National des Forêts permet de se familiariser avec les essences locales, à commencer par le châtaignier (u castagnu) représenté ici par quelques spécimens remarquables.

Départ : Se garer près de l’église de Nesa sur la D 824 à 2 mn au S.-0. de Vico.
Carte : IGN TOP 25, 4151 OT, Vico-Cargese-golfe de Sagone
Temps de marche : 1 h (boucle)
Distance : 5 km A/R
Dénivelé : 135 m
Difficulté : Facile. Une petite randonnée ombragée qui ne craint pas les heures chaudes. Ne pas partir trop tard car la luminosité est faible en sous bois.


1 - Le chemin emprunte une voie bétonnée à droite de l’église de Nesa qui se dresse à 450 m d’altitude. Un panneau indique la direction de San Martinu à 30 mn. Le sentier s’élance sous les châtaigniers dont nous croiserons de magnifiques spécimens tout au long de la balade. Après passé un lavoir daté de 1953, nous parvenons à une piste plus large. La montée est raide mais le terrain sûr. Après 5 mn d’effort environ, on se heurte au portail d’une propriété privée. Prendre à droite en suivant le sentier, balisé en rouge, qui longe le muret de pierre en montant. Un écriteau posé par l’Office National des Forêts désigne bientôt le chêne vert qui se traduit leccia en langue corse. Suivre le muret sur la gauche. Nous découvrons alors un panonceau sur lequel est inscrit albitru, terme qui désigne l’arbousier. Les arbousiers en questions poussent ici en concurrence avec les chênes verts. Le plumeau de feuilles à leur sommet montre à quel point la lumière se fait rare pour eux. Le chemin serpente alors sous les chênes verts et les arbousiers.

2 - Nous parvenons à une fourche. La voie de gauche indique la boucle di a Cuma et la direction d’I barracci à 35 mn. Il est aussi fait mention du monte San Martinu qui culmine à l’altitude de 625 m. Prendre le sentier de droite qui mentionne : « boucle di è duie Forche, Sambucchelu, 15 mn ». Nous rencontrons un peu plus loin un écriteau qui désigne a scopa, la bruyère arborescente. Une fois passé cet écriteau, on traverse une châtaigneraie plantée de magnifiques arbres. Certains âgés de plusieurs centaines d’années sont creux. Ces cavités béantes ajoutées aux branches sèches dessinent des formes inquiétantes. On ne peut s’empêcher de regretter que ces arbres soient désormais inexploités et pour beaucoup en mauvaise santé.

3 - On parvient à un écriteau carragutu qui signale la présence de houx. Une dizaine de minutes après la fourche, nous trouvons un panneau qui indique « Sambucchelu, alt. 580 m », et le sens du retour vers Nesa situé à 15 min. Passé le lieu-dit Straccime, les ramures de châtaignier laissent entrevoir de belles vues sur le village de Vico. Après le panneau mentionnant le frêne (u frassu), on parvient à un petit ruisseau. Le suivre sur quelques mètres et le traverser en prenant le sentier qui descend à droite. Une balise jaune est visible. On suit son cours qui peut n’être qu’un mince filet en période de sécheresse ou au contraire se changer en torrent après l’orage. La descente se poursuit tranquillement jusqu’à l’église de Nesa que l’on atteint par une voie dallée. On distingue alors très nettement l’élégant campanile blanc du couvent Saint-François de Vico et la montagne de la Sposata qui apparaît au bout du chemin, droit dans l’axe au dessus des toits des maisons.

4 - Épilogue. En redescendant, l’esprit encore livré au calme de la forêt, nous eûmes la surprise d’entendre un martèlement de musique techno. Nous avions oublié qu’en ce jour de 15 août, c’était bal à Vico. Le D.J. réglait donc sa balance. Tandis que résonnaient les battements sourds, un âne (mélomane ?) se mit à braire. Nous fumes alors confronté à un véritable choc des mondes : l’un, antique et naturel ; l’autre, moderne et artificiel. Cela nous fit d’abord sourire puis réfléchir. Nos pensées se portèrent alors vers ces arbres vénérables en train de mourir au-dessus de nos têtes, dans l’indifférence (ou l’impuissance), ces arbres qui ont pourant nourri des générations de Corses, les grand-mères et les grand-pères de la génération qui danse aujourd’hui sur la musique techno.

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