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Jean-Toussait Desanti

jeudi 31 janvier 2008, par Pierre

La ville d’Ajaccio est connue dans le monde entier comme étant le berceau de Napoléon Bonaparte en 1769. La "cité impériale" mériterait d’être plus souvent citée pour avoir vu la naissance d’un des plus grands philosophes contemporains, Jean-Toussaint Desanti. Celui que ses amis et élèves ont surnommé Touki, est né dans la rue Bonaparte, près de la place des Palmiers et de la citadelle, le 8 octobre 1914. Il était le fils unique de Jean-François Desanti, professeur de lettres au collège Fesch, et de Marie-Paule Colonna, originaire de Vico. Si Jean-Toussaint Desanti nous a quittés physiquement en 2002, sa pensée ne cesse de nous accompagner. Cet homme possédait les deux intelligences, celle de l’esprit et celle du coeur. Il ne faisait pas étalage de sa culture pourtant immense. Il savait se faire comprendre par tous. Nous n’oublierons jamais sa démonstration sur l’identité corse en s’appuyant sur un vulgaire briquet orné d’une tête de maure, un objet "made in China" (« pas d’ici sans ailleurs »), faite à la Mutualité à Paris, il y a une dizaine d’années . Son accent corse et son sourire bienveillant faisaient merveille. Malgré tout, Jean-Toussaint Desanti est un de ces Corses dont on entend à peine parler (demandez sur l’île qui connaît), alors que le moindre candidat de la Star Academy ou le joueur de football, au demeurant sympathiques, sont admirés. Le bonhomme qui s’en amuserait sans doute, mérite vraiment mieux (ou plutôt la jeunesse corse mérite mieux) qu’une plaque posée en 2005 au 2, rue Bonaparte (c’est déjà pas mal d’y avoir pensé).

Pour Jean-Toussaint Desanti, « un philosophe est un "flambeur", c’est-à-dire qu’il se doit de remettre en jeu son savoir, ses idées, à chaque moment, en jouant le tout pour le tout tel un joueur de poker ». Un jeu de cartes qu’il connaissait bien pour avoir assisté à des parties dans sa jeunesse (il faut écouter son témoignage savoureux sur cette épisode dans l’émission Apostrophes de Bernard Pivot). Il faut aussi lire La liberté nous aime encore, un livre de dialogues dans lequel sa compagne Dominique Desanti et lui se confient à Roger-Pol Droit, sur l’engagement dans la Résistance, le militantisme, le cheminement intellectuel, le parcours amoureux, etc... Notons de surcroît que l’année 2008 s’ouvre sur une forte actualité éditoriale autour de l’œuvre de Jean-Toussaint Desanti. Trois ouvrages sont édités ou réédités. C’est le cas chez Hachette Littératures, dans la collection « Pluriel », du livre intitulé Le philosophe et les pouvoirs (1976), une édition augmentée d’entretiens de l’auteur et Un destin philosophique (1982). Quant aux Puf, ils publient dans la collection « Quadrige », un recueuil inédit intitulé Une pensée captive qui regroupe les articles de Jean-Toussaint Desanti donnés à La Nouvelle Critique, depuis son premier numéro en 1948, jusqu’à la fin de sa collaboration à cette revue au début 1956. Ces rééditions sont réalisées sous les auspices de l’Institut Desanti, récemment créé à l’ENS Lettres et Sciences humaines de Lyon.

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