Accueil > Culture > Arts plastiques > Peinture > Léon-Charles Canniccioni

Léon-Charles Canniccioni

mercredi 19 mars 2008, par Pierre

"Femmes à la fontaine", "Bouvier sur la route du Salario", "Sur le marché de Bastia"... Les huiles sur toile, les pastels, les fusains et dessins exécutés par Léon-Charles Canniccioni (1879-1957), portent la marque de l’un des plus remarquables artistes corses du XXème siècle. Les innombrables photos qui montrent la Corse de nos jours, même de la meilleure facture, nous font l’effet d’instantanés faciles en comparaison des images réalisées par ce dessinateur virtuose doublé d’un maître de la couleur. Les vues de Marcel Colombani, photographe professionnel, lui même originaire de Moltifao, qui a laissé sur la pellicule les images du dernier voyage de Léon Canniccioni en 1951, occupé à esquisser une scène de battage de blé près du Campusantu, pourraient ainsi être considérées comme l’hommage de l’obturateur au pinceau. Canniccioni aimait peindre son île, ses gens, ses villages, ses montagnes, ses ciels. Le rendu éblouissant des lumières, les compositions parfaitement charpentées, les combinaisons de tons à la fois doux et soutenus, sont les attributs d’un peintre maître de son art et véritable buvard à émotions. Un artiste témoin de son époque, soucieux de montrer la Corse d’alors avec ses travailleurs, ses décors et ses ambiances au troublant parfum oriental - on pense à son "Pénitent" ou à sa représentation du "Marché de Bastia" exécutés dans années 30.

Comme le rappelait le petit-fils du peintre, Charles, en 2007 dans le livre d’or de l’exposition qui fut consacrée au peintre au Lazaret Ollandini à Ajaccio, Léon Canniccioni était très attaché à la Corse, à sa ville natale Ajaccio et il affectionnait particulièrement son village Moltifao, d’où étaient originaires son père François-Xavier, journaliste et écrivain autodidacte, et son épouse Rosaria. Il essayait d’y venir le plus souvent possible. À Moltifao, de nombreux amis et parents l’ont accueilli. Ce scrutateur au trait remarquable a ainsi couché sur le papier, quelquefois même sur une simple feuille de papier cartonné ou de kraft, des figures villageoises comme Ziu Chjechjeccu ou Zia Cipressa. En ce sens, au delà du grand intérêt artistique de son oeuvre, ce peintre de la vie traditionnelle et rurale a laissé un témoignage ethnographique de la vie villageoise en Corse de la première moitié du XXème siècle. Et si l’on peut regretter qu’aucune de ses oeuvres ne soit aujourd’hui visible au village, on se consolera avec celles exposées au musée Fesch à Ajaccio jusqu’au 15 avril 2008, dans le cadre de l’exposition intitulée "Images de la Corse 1850-1950" (collections du musée et donation François Ollandini).

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.